Vieillir avec le VIH : des besoins qui se confirment


Vieillir avec le VIH, nul ne se posait la question il y a encore quinze ans… Les progrès des traitements font qu’elle se pose aujourd’hui car si on survit désormais, on ne vit pas avec le VIH comme avec une autre maladie. En outre, les effets de dizaines d’années d’action du virus sur l’organisme et de l’absorption de multithérapies sur le long terme sont mal connus. Cet article publié initialement dans la revue Transcriptases fait le point sur la question.

 

 

Vieillir avec le VIH pose un ensemble de problèmes, de questions non résolues. Certaines d’entre elles sont inhérentes aux maladies liées au seul vieillissement du corps – qui représentent un challenge croissant pour les autorités de santé – mais, dans le cas du VIH, l’effet de dizaines d’années d’action du virus sur l’organisme et l’absorption de multithérapies sur le long terme sont toujours mal connus.

 

En Europe et en Amérique du Nord, cette problématique du vieillissement des personnes vivant avec le VIH est progressivement mieux documentée. Lors de la Conférence internationale de Vienne, cette thématique a été abordée mais de manière finalement bien discrète au regard de son importance et des perspectives d’avenir. Ainsi, les données les plus pertinentes sur le sujet ont-elles été présentées lors de deux meetings satellites intitulés : «VIH/sida et vieillissement : les enjeux émergents en termes de recherche, soins, traitements et prévention» et «Vieillir avec le VIH : le futur challenge de l’épidémie»

 

Une prévalence en forte augmentation

 

En mars 2009, une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi que les personnes de plus de 50 ans vivant avec le VIH étaient de plus en plus nombreuses. La proportion des plus de 50 ans chez les PVVIH est ainsi passée de 20% à 30% entre 2003 et 2006 (aux Etats-Unis, elle est passée de 20% à 25% dans la même période ; au Brésil, le nombre de personnes séropositives de plus de 50 ans a doublé entre 1996 et 2006, passant de 7,5% à 15,7%). En France, 20% des personnes vivant avec le VIH ont plus de 49 ans.

 

A ce constat, plusieurs explications : les antirétroviraux augmentent l’espérance de vie, les séniors se sentent moins concernés par le VIH et se protègent peu lors de leurs rapports sexuels, le dépistage est moins souvent proposé aux séniors et le diagnostic est posé plus tardivement, le tabou autour de la sexualité des séniors, la proximité des symptômes de la primoinfection avec des symptômes fréquents liés à l’âge… Les rares données disponibles sur le continent africain vont d’ailleurs dans le même sens.

 

 

 

Pour en savoir plus :

Site Vih.org, article du 11/01/2011

Pour approfondir : n°144 de la revue Transcriptases (PDF, p. 74-77)



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